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Emilie Frezza
Née en 1970
Vit et travaille à Paris et en Bourgogne
Frezza.emilie@gmail.com
Après des études supérieures en arts plastiques (Paris I Panthéon Sorbonne) et une formation en Taille Directe à l’Atelier de la Glacière des Beaux Arts de Paris, Emilie Frezza expose son travail en France et à l’étranger.


Sculpture à transformations

sculpture à transformations

Le point de départ de cette sculpture, une confrontation entre deux expériences:
Une recherche menée sur les eaux vives. En observant les rivières, les cascades, l’eau m’apparait sculptrice. Elle creuse son lit, crée son propre moule, s’y glisse pour le remplir de sa substance transparente dans une élasticité parfaite tout en continuant son travail, remodelant sa trajectoire, pour occuper sa nouvelle ’empreinte. Elle est la matrice et l’empreinte toujours en mouvement redéfinissant perpétuellement son moule et sa forme.
Elle incarne ce que je cherche en sculpture une forme ressac, qui se recrée sans cesse, une forme poisson qui se contorsionne dans l’air pour retomber et glisser dans l’eau du regard.
Un choc que j’ai éprouvé devant « un masque à transformations » de l’Alaska.
Comment une forme extérieure (un aigle) peut s’ouvrir sur une forme intérieure complètement différente, un être humain, dans une cohérence de forme, et de liens. Cette unité plastique surgit de ce mouvement d’articulation du masque, ces deux identités se rejoignent en dépit de leurs enveloppes différentes dans cet acte de métamorphose qui se joue sous nos yeux.

Lames

Je cherche, dans ma sculpture, à faire coexister ces deux réalités d’intériorité et d’extériorité simultanément. Ouvrir une fois c’est déclencher dans l’imaginaire l’ouvrir à l’infini, une mise en abîmes vers les intérieurs.

Frontières réversibles

Ces trois pièces de bois évoquent un moule ouvert et la forme qui en découle, cependant ce moule ne reproduit pas à l’identique, ne fige pas, c’est un moule flux, source de transformations. Une sculpture dont la matrice, la forme centrale « empreinte » les moules, les deux coques latérales autant qu’elle est « empreintée » par elles.
En traçant les cernes du bois, je souligne la fluidité du matériau. Ces lignes blanches que je redessine cartographie l’évolution spatiale de l’arbre. Si elles flottent fantomatiques, courent sur la peau de la sculpture, pourtant elles remontent des profondeurs de l’arbre, elles sont le point de rencontre entre le cœur et la surface, lignes éponges, écumes des profondeurs.

Emilie Frezza